La frontière est mince entre les photos qui semblent suspendre le temps et celles qui vibrent de l’énergie de l’instant. Depuis trois ans qu’elle couvre le festival MUTEK, Nina Gibelin Souchon sait naviguer avec brio sur cette ligne.
Avant de revenir immortaliser une nouvelle édition du festival, elle revient sur ses influences, sur ce qui la pousse à saisir un instant, ainsi que sur un souvenir particulier de sa toute première expérience en tant que photographe du MUTEK.
Dialogue avec Nina Gibelin Souchon
Comment décririez-vous votre style photographique ? Quelles influences ou approches nourrissent votre travail ?
En tant que festivalière à MUTEK, j’ai été traversée par beaucoup de sensations fortes et d’émerveillement. J’essaie toujours de retranscrire la finesse de la curation et l’intensité des émotions qui s’en dégagent.
En ce qui concerne mes influences, j’aime beaucoup le travail de Margot Lavigne. Je suis admirative de sa façon de traiter la lumière et le mouvement. Je veux m’approcher de cette douceur qu’elle réussit à capturer en basse luminosité.

Quels types de moments vous attirent particulièrement ? Est-ce la composition, l’émotion, le timing, ou autre chose qui vous inspire à capturer une scène ?
Je suis particulièrement touchée lorsque le public réagit avec passion à une performance, je me sens responsable de la documentation de ce moment. Ce qui m’importe le plus c’est d’avoir le parfait alignement entre l’engouement dans la salle, la composition de mon image et le bon jeu de lumière au bon moment.

Comment conciliez-vous approche artistique et regard documentaire dans votre couverture photographique de MUTEK ?
Je pense que le regard documentaire ne sera jamais le même en fonction du/de la photographe. On a tous notre propre sensibilité, notre équipement et une attention personnelle à certains détails. J’essaie toujours de faire ma sélection en pensant à ce qui me touche moi en premier lieu, tout en respectant les demandes des équipes. J’essaie aussi d’apporter ma touche en post pour bonifier mon oeil et souligner ce qui m’a fait vibrer en premier.

Pouvez-vous partager l’histoire derrière ces photos ? Que se passait-il au moment où vous avez choisi de les prendre ?
La photo de x/o avec les ailes fait partie de ma première couverture de MUTEK en 2023. Je me souviens de ce moment comme de l’instant ou j’ai réalisé que j’étais en train de faire le job de mes rêves, dans un festival qui me tient vraiment à cœur. Quelques minutes plus tard, je suis sortie prendre l’air et j’ai croisé mon collègue photographe Bruno, et on a partagé ensemble la joie que ce moment fut.
L’alignement des étoiles qui mènent à cette première photo est tout simplement lunaire, je me sens toujours super reconnaissante du travail que je fais et du bonheur que c’est de l’accomplir.

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